Parce qu'il y a trop d'incertitudes. Parce que personne ne sait exactement ce qui se passe là-bas, s'il est établi que les crimes et les atrocité sont hélas partagés: doit-on pour renverser un dictateur barbare armer des salafistes, des amis du Hezbollah, des membres d'Al Qaida, des ennemis déclarés de l'Occident et des Chrétiens syriens qui sont terrorisés à l'idée que certaines factions de la rébellion l'emportent? (on nous a suffisamment bourré le mou dans le passé pour que nous soyons méfiants).

Parce que la France a fait et fait toujours plus que sa part (Afghanistan, Forpronu au Liban, ex Yougoslavie, Côte d'Ivoire, Lybie, Mali etc.) sans que le monde nous en remercie particulièrement.

Parce qu'il serait inconcevable que contrairement à ce qui se passe dans toutes les démocraties, un Président en quête de popularité inexistante se mue en chef de guerre à des fins politiciennes.

 

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La voix de la sagesse. "Laissez les Syriens régler leurs problèmes entre eux"

Extrait. Mais l'hypothèse inverse n'est guère plus encourageante : si les rebelles renversent le régime Assad, leurs troupes disparates et souvent affiliées à al-Qaida installeront leurs barbus à Damas. Et avec eux un pouvoir islamiste qui ne cache nullement sa vocation prosélyte par tous les moyens, y compris le terrorisme. On a déjà vu au Mali ce que pouvaient donner des djihadistes victorieux en Libye, rêvant de conquête sur des pays islamistes modérés. Avec tous les fanatiques décervelés par des prêcheurs qui ont accouru de partout, y compris de France, pour aider la rébellion syrienne, la menace terroriste contre ceux qu'ils appellent "les croisés" est garantie, s'ils l'emportent, lorsqu'ils reviendront au pays.

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Joffrin, comme d'habitude dans le clan des "armons-nous et partez" - L'inévitable intervention (lien)

laurent-joff5255-67870Extrait: Le crime de Bachar al-Assad change tout. Cette fois, l'intervention occidentale n'est pas une hypothèse, une tentation hasardeuse ou un impératif moral plus ou moins justifié. C'est une évidence. Saddam Hussein mis à part, aucun pays n'a fait usage de l'arme chimique au combat depuis près d'un siècle. Une convention internationale en bannit l'usage et c'est l'une des rares à être respectées. On dira que la Syrie ne l'a pas signée. Mais justement : peut-on, si l'on souhaite contenir un tant soit peu la violence des Etats, tolérer sans rien faire une telle exception, qui contredit l'accord tacite de toutes les nations ?

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Mon opinion...

Je ne sais pas qui a employé des armes chimiques (il semble effectivement établi que du sarin fut répandu). Souvenons-nous de cet obus tombé sur le marché de Sarajevo qui fit soixante morts et qui nous indigna tous... Sauf qu'on sait maintenant que ce sont les extrémistes bosniaques qui, cyniquement, l'ont tiré sur leurs civils pour déclencher un mouvement de répulsion.

1300082-Bachar_al-AsadBachar el Assad est sans aucun doute un tyran sanguinaire, mais ce n'est pas un abruti - en conséquence je le vois mal donner un prétexte à ses ennemis.

En outre, basta avec cette faux-culterie sur les armes gentilles (celles qu'utilisent l'occident: les tapis de bombes, le napalm, les bombes FAE**, les obus à l'uranium appauvri qui, des années plus tard, continuent de secréter d'innombrables cancers chez les populations civiles qu'on a libérées, etc.) et les armes méchantes (celles du camp d'en face). C'est la guerre qui est immonde, pas la manière dont on la fait!

fae** Les bombes FAE sont couramment utilisées par les Américains. Elles explosent en altitudent, répandant un gigantesque aérosol d'hydrocarbures, qui est enflammé dans un second temps. Sur 2 à 4 km2, la combustion utilise chaque molécule d'oxygène et sur cette surface, aucun humain, aucun animal ne survit. Quand on emploie de telles armes, on ne décrète pas que telle ou telle autre est "inacceptable".

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hollande-1856883-jpg_1674954La France ne se "dérobera pas à ses responsabilités" en Syrie, a déclaré mardi une source proche de la présidence française, avant un discours de François Hollande sur la crise syrienne. Soulignant que "l'utilisation massive" d'armes chimiques est "inacceptable", la même source estime qu'il n'y "a aucun doute qu'une attaque chimique a eu lieu" la semaine dernière dans la banlieue de Damas et que "c'est le régime [de Bachar el-Assad] qui en est l'auteur".
François Hollande doit fixer mardi en fin d'après-midi devant les ambassadeurs français la doctrine de Paris sur la Syrie, au moment où la France pourrait se joindre à une intervention militaire alliée contre le régime de Bachar el-Assad et ses forces. L'option la plus vraisemblable est celle de frappes contre des objectifs stratégiques, visant à "punir" le régime et à le "dissuader" de recourir une nouvelle fois à ses armes chimiques.(lepoint.fr)

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Que les ambassadeurs soient informés avant la représentation nationale (convoquée le 4 septembre) est hallucinant. Tout porte à croire que Hollande cherche à réitérer le coup du Mali, qui lui valut une embellie passagère dans les sondages.

Les-tensions-communautaires-sont-vives-entre-refugies-syriens-en-Turquie_article_mainBis repetita. Nous avons assumé et nous assumons toujours plus que notre part des opérations de sauvegarde des populations et des régimes - y compris des très douteux, avec le président ivoirien Ouattara amené au pouvoir dans les fourgons de l'armée française (on attend toujours que les criminels de guerre qui sévirent sous sa bannière soient arrêtés et jugés, comme cela fut promis. Seuls les partisans de Gbagbo payent).

A chacun son tour. Nous n'avons plus les moyens de jouer les gendarmes du monde et la Syrie n'est pas dans notre zone traditionnelle d'influence depuis que les Anglais nous en ont chassés en 1945.

Personne ne nous remercie de notre activisme, et personne ne nous aide à en payer la facture. L'Allemagne bougera-t-elle? Mettra-t-elle un euro au pot commun? Chacun connaît la réponse, en foi de quoi elle défie l'Europe avec sa puissance toujours plus arrogante (elle aurait tort de s'en priver).

Alors non. Aide humanitaire dans les camps situés à la périphérie de la Syrie oui, s'il est prouvé que des entités terroristes comme le Hezbollah ne les noyautent pas. Pour le reste: à chacun son tour!

benjamin borghésio